Les secrets de la céramique égyptienne du Louvre dévoilés par Gens Syagria !
- romain lepage
- 21 août
- 2 min de lecture
L'association Gens Syagria est très fière de vous annoncer la parution de notre dernière étude archéologique, menée par Romain Lepage. Ce nouveau travail de recherche nous emmène loin de nos terres habituelles, direction les rives du Nil, pour une plongée fascinante dans l'Égypte de l'Antiquité tardive (IVe - VIIe siècles) !
Intitulée "La Céramique Pseudo-Sigillée Peinte Égyptienne de l'Antiquité Tardive", cette publication scientifique s'appuie sur l'analyse d'un corpus de 28 pièces exceptionnelles conservées au prestigieux Département des Arts de Byzance et des chrétientés en Orient du Musée du Louvre.
De la vaisselle romaine à l'art copte
Pendant longtemps, les tables du bassin méditerranéen ont été dominées par la "sigillée", cette fameuse vaisselle fine romaine souvent rouge et décorée en relief. Mais que se passe-t-il lorsque l'Empire romain évolue et que les importations diminuent en Égypte ?
Les potiers locaux, particulièrement autour d'Assouan, vont prendre le relais et créer ce que les archéologues appellent la céramique pseudo-sigillée peinte. Ils abandonnent le relief pour la peinture et inventent un style visuel percutant qui fera le succès de l'art copte :
Des argiles rosées et lumineuses, typiques de la Haute-Égypte.
Une bichromie saisissante, utilisant un noir profond (à base de manganèse) et un blanc éclatant (à base de kaolin) pour tracer les dessins.
Le Tilapia : star des banquets byzantins !
Grâce à l'analyse minutieuse des fragments du Louvre (provenant de sites de fouilles historiques comme Médamoud ou Edfou), notre étude a pu décoder le langage visuel de ces artisans.
Ils détestaient le vide ! Les bords de ces immenses plats (dont certains devaient atteindre 50 cm de diamètre !) sont saturés de frises géométriques : pois, perles, lignes ondulées rappelant le courant du fleuve, ou encore de belles torsades.
Mais la véritable star de cette vaisselle se trouve au fond de l'assiette : le poisson. Identifié comme étant le Tilapia du Nil, ce motif, présent sur un quart des pièces étudiées, possède une double signification passionnante. Il est à la fois le symbole de la crue nourricière du Nil (héritage des pharaons), mais il devient surtout, à cette époque, un puissant symbole chrétien (le fameux Ichthys) caché au cœur des foyers de l'Égypte byzantine.
Reconstituer le puzzle du passé
L'un des apports majeurs de cette étude réside dans la "profilométrie". À partir de simples tessons, nous avons pu calculer mathématiquement les courbures pour restituer la taille réelle de ces plats disparus depuis 1500 ans. Ces calculs prouvent que cette vaisselle peinte était avant tout une vaisselle "de montre", conçue sous forme de grands plateaux destinés à être placés au centre de la table pour le partage communautaire.
👉 Vous êtes passionné d'archéologie, d'histoire ou de céramologie ? L'étude complète, comprenant les analyses morphométriques, les données chromatiques et la restitution des 28 pièces du corpus du Louvre, est désormais disponible !
N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire et à partager cette découverte autour de vous !




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